Dimanche de la Samaritaine


Textes liturgiques

Tropaire, ton 4 dimanche, la Résurrection
Les femmes disciples du Seigneur /reçurent de l’ange la proclamation lumineuse de la Résurrection ; / elles rejetèrent la condamnation ancestrale / et tout en joie elles dirent aux apôtres : / La mort est dépouillée, / le Christ Dieu est ressuscité // en accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire, ton 8 de la mi-Pentecôte
Au milieu de la fête, abreuve mon âme assoiffée des eaux de la piété, / car, ô Sauveur, Tu as clamé à tous : / Celui qui a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. //Source de notre vie, ô Christ Dieu, gloire à Toi.

Gloire…

Kondakion, ton 8 de la Samaritaine
Par sa foi, la Samaritaine, venue au puits vit en Toi l’eau de la Sagesse ; / s’en étant abondamment abreuvée, elle reçut en héritage le Royaume d’en haut, // elle qui est toujours digne de louanges.

Et maintenant…

Kondakion, ton 4 de la mi-Pentecôte
Au milieu de la fête prescrite par la loi, / Créateur et Maître de toutes choses, / Tu as dit à ceux qui se tenaient auprès de Toi : / Venez puiser l’eau de l’immortalité. / Aussi nous prosternons-nous devant Toi et disons-nous avec foi : / Accorde-nous ta compassion, ô Christ Dieu, // car Tu es la source de notre vie.

Les lectures du jour

Lecture des Actes des Apôtres (Ac XI,19-26, 29-30)
En ces jours-là, les apôtres qui avaient été dispersés par la tourmente survenue à propos d’Étienne allèrent jusqu’en Phénicie, dans l’île de Chypre, et à Antioche, annonçant la parole seulement aux Juifs. Il y eut cependant parmi eux quelques hommes de Chypre et de Cyrène, qui, étant venus à Antioche, s’adressèrent aussi aux Grecs, et leur annoncèrent la bonne nouvelle du Seigneur Jésus. La main du Seigneur était avec eux, et un grand nombre de personnes crurent et se convertirent au Seigneur. Le bruit en parvint aux oreilles des membres de l’Église de Jérusalem, et ils envoyèrent Barnabas jusqu’à Antioche.

Lorsqu’il arriva, et qu’il vit la grâce de Dieu, il s’en réjouit, et les exhorta tous à rester d’un cœur ferme attachés au Seigneur ; car c’était un homme droit, plein d’Esprit Saint et de foi. Et une foule nombreuse se joignit au Seigneur. Barnabas se rendit ensuite à Tarse, pour chercher Saul ; et, l’ayant trouvé, il l’amena à Antioche. Pendant toute une année, ils prirent part aux assemblées de l’Église, et ils enseignèrent beaucoup de personnes. Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens.

En ce temps-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. L’un deux, nommé Agabus, se leva, et annonça par l’Esprit qu’il y aurait une grande famine sur toute la terre. Elle arriva, en effet, alors que Claude était empereur. Les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, une aide aux frères qui habitaient la Judée. Ils la firent parvenir aux anciens par l’entremise de Barnabas et de Saul. 

Lecture de l’Évangile selon Saint Jean (Jn.IV, 5-42)
Jésus arriva dans une ville de Samarie, nommée Sychar, près du champ que Jacob avait donné à Joseph, son fils. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, était assis au bord du puits. C’était environ la sixième heure.

Une femme de Samarie vint puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire ». Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres. La femme samaritaine lui dit : « Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? » -Les Juifs, en effet, n’ont pas de relations avec les Samaritains. – Jésus lui répondit : « Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t’aurait donné de l’eau vive ». « Seigneur, lui dit la femme, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond ; d’où aurais-tu donc cette eau vive ? Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle ». La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici ». « Va, lui dit Jésus, appelle ton mari, et viens ici ». La femme répondit : « Je n’ai point de mari ». Jésus lui dit : « Tu as eu raison de dire : Je n’ai point de mari. Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu as dit vrai ».

« Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem ». « Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité ». La femme lui dit : « Je sais que le Messie doit venir (celui qu’on appelle Christ) ; quand il sera venu, il nous annoncera toutes choses ». Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle ».

Là-dessus arrivèrent ses disciples, qui furent étonnés de ce qu’il parlait avec une femme. Toutefois aucun ne dit : « Que demandes-tu ? » ou : « De quoi parles-tu avec elle ? » Alors la femme, ayant laissé sa cruche, s’en alla dans la ville, et dit aux gens : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; ne serait-ce point le Christ ? » Ils sortirent de la ville, et ils vinrent vers lui. Pendant ce temps, les disciples le pressaient de manger, disant : « Rabbi, mange ». Mais il leur dit : « J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas ». Les disciples se disaient donc les uns aux autres : « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? » Jésus leur dit : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas qu’il y a encore quatre mois jusqu’à la moisson ? Voici, je vous le dis, levez les yeux, et regardez les champs qui déjà blanchissent pour la moisson. Celui qui moissonne reçoit un salaire, et amasse des fruits pour la vie éternelle, afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble. Car en ceci ce qu’on dit est vrai : Autre est celui qui sème, et autre celui qui moissonne. Je vous ai envoyés moissonner ce que vous n’avez pas travaillé ; d’autres ont travaillé, et vous êtes entrés dans leur travail ».

Plusieurs Samaritains de cette ville crurent en Jésus à cause de cette déclaration formelle de la femme : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait ». Aussi, quand les Samaritains vinrent le trouver, ils le prièrent de rester auprès d’eux. Et il resta là deux jours. Un beaucoup plus grand nombre crurent à cause de sa parole ; et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons ; car nous l’avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde ».

À la place de « Il est digne… »

L’ange clama à la pleine de grâce : ô Vierge pure, réjouis-toi, je te redis : réjouis-toi, ton fils est ressuscité, du tombeau le troisième jour relevant les morts ; peuples, soyez dans l’allégresse. Resplendis, resplendis, Nouvelle Jérusalem ! Car la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Danse maintenant Sion et sois dans l’allégresse. Et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi de la résurrection de celui que tu as enfanté.


Commentaire sur ce cinquième dimanche de Pâques – de la Samaritaine

Ce jour, cinquième dimanche de Pâques, nous célébrons la fête de la Samaritaine.
Corruptible était l’eau que tu cherchais, ô femme, et tu puises l’eau vive où tu blanchis ton âme !

La raison de cette fête, c’est que le Christ en ce jour confesse clairement qu’Il est le Messie, c’est-à-dire l’Oint (messa, en hébreu, c’est l’huile). Et c’est pourquoi la présente fête a trouvé place dans la semaine de la Mi-Pentecôte. En outre, le dimanche précédent, le Christ opérait un miracle à la Piscine probatique. Ici, c’est au puits de Jacob que Jésus S’entretient avec une femme, ce puits que Jacob lui-même a fait creuser et qu’il a donné à son fils Joseph. Le lieu était d’importance, car près du mont Somôr les Samaritains habitaient de nombreuses villes.

Le Christ entra donc à Sichar, là où Jacob avait habité jadis, avec sa fille Dina et ses autres enfants. Sichem, le fils de Emmor le Horrite (Hamor le Hivvite), l’ayant désirée, fut avec elle en lui faisant violence. A la suite de quoi ses frères, courroucés et indignés, sortirent aussitôt contre la cité, où ils tuèrent tous les mâles, y compris Sichem et son père Emmor. Quant à Jacob, il demeura en ce lieu et y creusa le puits en question.

Ce ne sont pas les Samaritains qui habitèrent les premiers cette montagne, mais des Israélites qui, s’étant détachés du vrai Dieu sous le règne de Phakéias (Peqahya), lors de la première et de la seconde invasion des Assyriens, devinrent leurs tributaires. Et peu de temps après, sous le règne d’Osias, ils payèrent tribut aux Ethiopiens (aux pharaons de la dynastie éthiopienne). Ce qu’ayant appris, le roi des Assyriens les fit déporter à Babylone et donna l’ordre à diverses nations d’habiter en ce lieu. Mais Dieu envoya des lions contre ces étrangers. Lorsqu’il l’apprit, le roi des Assyriens leur envoya un prêtre, choisi parmi les déportés juifs qui étaient encore à Babylone, afin qu’ils adoptent les rites de Yahvé. Aussitôt, ils abandonnèrent leurs idoles et reçurent les seuls livres de Moïse, à l’exclusion des Prophètes et des autres Ecritures. Et ils furent appelés Samaritains, à cause du mont Somôr. Ils étaient haïs des Juifs (qui rentraient à peine de la déportation), parce qu’ils observaient seulement la moitié du judaïsme, et les Juifs ne mangeaient pas avec eux, les jugeant répugnants. C’est pourquoi, à plusieurs reprises, ils traitèrent le Christ de Samaritain, comme quelqu’un qui libérait du légalisme, précisément comme les Samaritains.

Il arrive donc à Sichar et, fatigué de la route, Il s’assoit, aux environs de la sixième heure. Une femme vient de la ville pour puiser de l’eau, les disciples étant partis acheter de la nourriture. Jésus lui demande de l’eau. Celle-ci met en avant le fait de la ségrégation, car elle L’a reconnu à l’accent et au costume. Jésus l’élève au niveau de l’eau spirituelle, qu’Il montre inépuisable et purificatrice, car l’Esprit est toujours comparé au feu et à l’eau. La femme, persuadée qu’Il n’a pas cette eau, du fait qu’Il n’a pas porté de seau, ajoute que le puits est profond. Et elle amène la conversation sur le Patriarche Jacob, puisque c’est lui qui a creusé le puits, que lui et ses descendants y ont bu, et elle lui attribue la richesse de cette source, qui d’ailleurs est agréable et fraiche. Le Christ, cependant, ne dit pas qu’Il est plus grand que Jacob, pour ne pas effrayer la femme ; mais il revient sur le thème de son eau, dont il expose la supériorité : celui qui en boira n’aura plus jamais soif.

La femme demande de cette eau. Alors, Il lui dit d’appeler son mari, parce que plus apte à réfléchir aux arguments donnés. Mais elle prétend n’avoir point de mari. Celui qui sait tout lui répond: Tu dis bien, car tu en as eu cinq, comme le prescrit la Loi; et ce sixième que tu as maintenant, puisqu’illégalement tu vis avec lui, n’est pas ton mari. Certains ont pensé que les cinq maris, c’est le Pentateuque de Moïse, qu’ont reçu les Samaritains ; le sixième, ce sont les paroles mêmes du Christ, qu’elle n’avait pas encore épousées, car la grâce ne lui avait pas été communiquée. D’autres pensent qu’il s’agit des lois données par Dieu : celle du Paradis, celle d’après le bannissement, celle de Noé, celle d’Abraham et celle de Moïse ; la sixième, c’est l’Evangile, qu’elle n’avait pas. Et il y en a qui disent qu’il s’agit des cinq sens.

La femme Lui répond en lui donnant le titre de Prophète. Puis elle L’interroge sur l’endroit où Il convient d’adorer : au Somôr ou à Jérusalem ? Car les Samaritains, dans leur imperfection, pensaient que Dieu n’était pas partout, mais qu’Il demeurait seulement là où Il était adoré, à savoir sur le mont Garizim, parce qu’on y donnait les bénédictions de Sa part ou parce qu’Abraham y avait le premier érigé un Autel en Son honneur. De la même façon les Juifs disent à leur tour: C’est à Jérusalem seulement qu’il faut adorer l’unique Dieu; aussi pour les fêtes s’y rassemblent les Juifs de partout. Le Christ répond que des Juifs vient le salut du monde. Pourtant, dit-Il, Dieu est par nature immatériel, et Ses vrais adorateurs ne L’adorent déjà plus par des sacrifices, mais en l’Esprit et dans la vérité, reconnaissant ainsi que Dieu n’est pas seul, mais qu’Il est dans l’Esprit Saint et dans le Fils, qui est la Vérité. La femme dit encore : Nous avons appris des Ecritures que viendra un Messie, qui est le Christ. Jésus, connaissant les bonnes dispositions de cette femme, Lui dit : C’est Moi ! Car les Samaritains eux aussi étaient informés au sujet du Messie, grâce aux livres de Moïse, en particulier là où il dit: «Le Seigneur Dieu fera surgir un Prophète au milieu de vous» et en d’autres endroits.

La conversation touchant à sa fin, arrivent aussi les disciples, qui s’étonnent de l’extrême condescendance avec laquelle le Maître parle avec la femme. En attendant, ils L’invitent à manger, tant à cause de la fatigue que de la température élevée. Et Il leur parle de la nourriture éternelle, c’est-à-dire du salut des hommes, leur disant qu’ils doivent moissonner ce qu’a produit le labeur des Prophètes.

Or, la femme ayant couru vers la ville raconter ce qui lui était arrivé, tous les habitants se lèvent et marchent vers le Christ, persuadés que la femme ne se serait pas accusée elle-même si elle n’avait reconnu quelque chose d’important. Ayant prié le Christ de demeurer chez eux, ils Le persuadent de rester au moins deux jours. Pendant son séjour, Il fit de très nombreux miracles qui, à cause de leur multitude, n’ont pas été décrits par les Evangélistes.

Telle est la Samaritaine, qui plus tard reçut le nom chrétien de Photinie et qui sous Néron ceignit la couronne du Martyre, avec ses sept enfants, après de nombreuses tortures : ongles de fer, ablation des mamelles et des mains, pénétration des ongles par de minces roseaux, ingestion de plomb en fusion et toutes sortes d’autres supplices inouïs.

Il faut savoir que l’empereur Justinien fit transporter avec grands honneurs la margelle de ce puits jusqu’au Sanctuaire du Verbe de Dieu, je veux dire la grande église de Sa Sainte Sagesse. Il la fit placer sur le puits, ainsi que la pierre sur laquelle le Christ S’était assis pour converser avec la Samaritaine. L’une et l’autre s’y trouvent maintenant devant le narthex, à l’entrée orientale du temple, à gauche, guérissant toute maladie, quelle qu’elle soit, surtout les états fiévreux : pour qui grelotte de fièvre, elles sont un excellent remède.

Cette vie de Saints est tirée du : « Pentecostaire », Diaconie Apostolique 1993

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